Exposition Espace Mompezat – Société des poètes français – Octobre 2008

Texte de monsieur Michel Bénard, Lauréat de l’Académie française. Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, pour l’exposition:

Isabelle Veret, une passerelle vers la beauté. Notre espace Mompezat par son exposition de rentrée peut s’enorgueillir d’accueillir une artiste de grand talent, Isabelle Veret, qui nous présente un art rare et précieux, ses oeuvres en laque à la française, dont les techniques sont dérivées de la grande tradition asiatique. Isabelle Veret est une authentique orfèvre, ses oeuvres se présentent sous la forme d’une véritable marqueterie, un travail élaboré et minutieux qui exige la possession d’un métier parfait et un longue haleine. Cet art de la laque impose d’emblée une absolue maîtrise technique du métier de laqueur.Ici l’art se conjugue magistralement avec artisanat, merveilleuse synthèse que sait amplifier Isabelle Veret. Le travail de la laque impose une réelle connaissance de ce métier millénaire si l’on se réfère à l’extrême orient. Au delà de la réalisation artistique pure, c’est à dire de l’idée même de la création, il y a tout un long parcours préparatoire qui n’est d’ailleurs pas sans faire songer à l’exigence de la peinture d’icône et sous certains aspects à la discipline de l’art calligraphique. L’élaboration est longue et sans concession, choix et préparation des panneaux bois, ponçage, pose de la tarlatane sorte de toile proche de la gaze, encollage, application du support à partir de blanc de Meudon et colle de peau de lapin chaude,superposition de couches de vernis, reponçage etc etc…. Et puis après toute cette longue et incontournable préparation, l’instant de la création approche avec l’exécution du motif sur un calque ou parfois directement sur le support. Ensuite viendra le choix des pigments, des feuilles d’or, d’argent ou de cuivre, pour certaines oeuvres application et incrustation dans les vernis des fragments de coquille d’oeuf, de nacre ou autres précieuses substituions mixtes, recherche des harmonies chromatiques, et toute cette mise en situation se passe dans un vernis qui doit être  » amoureux  » c’est à dire ni trop ni pas assez sec. Convenez que cette expression de « vernis amoureux » se veut bien poétique! Au delà de cette technique et de ce métier des plus exigeants, l’artiste doit donner le souffle, le rythme vibratoire à son oeuvre, et là encore Isabelle Veret rivalise de raffinement et de délicatesse. Sachant que tout n’est que succession d’influences, la révélation de ce cheminement artistique a peut être un peu pour « père spirituel « Gustav Klimt, mais lui seul ne suffit pas, Isabelle Veret a besoin d’errance, de rêverie, de voyage, et celui ci en fait a pour fil d’Ariane une sorte d’hyme à la femme,à l’amour,à la tendresse,à la maternité avec ici et là quelques variations sur fond sacré.Tout chez cette artiste n’est que pureté, subtilité de la ligne, des couleurs, de la composition que se veut traditionnelle, mais tend de plus en plus vers une expression plus libre, plus contemporaine, plus épurée et spontanée aussi. Isabelle dépose sur ses oeuvres la beauté de l’icône avec en plus la part du rêve et de la poésie. C’est une passerelle entre une forte discipline et le choix d’une plus grande liberté. Ses oeuvres sont de véritables joyaux, et je vous invite de prendre le temps d’admirer chacune d’elle dans sa proximité, vous n’y trouverez que préciosité. Tout se veut harmonie, dessin, trait, couleur, sujet, composition, jeux techniques…..finesse et précision. Isabelle Veret n’écrit pas de poémes, elle les peint, c’est à n’en pas douter la poésie de la tendresse, c’est un hymne à la femme, c’est le contrepoint de la maternité, mais c’est aussi un grand besoin d’évasion, de découvertes ce qui explique son errance inspiratrice, allant de l’extrême-orient à l’orient, de l’Amérique latine aux terres d’Armor la source natale ! Nous ne nous lassons pas de détailler chaque oeuvre, de nous en imprégner, de la pénétrer afin de mieux en décrypter tout l’onirisme qui s’en dégage, de respirer les parfums de ces femmes, de ces mères, de courtisanes ou de ces Saintes Mères éternelles qui nous aident peut être à oser encore espérer en une certaines catégorie humaine. L’art pour Isabelle Veret est sans doute l’un des plus beaux moyens de faire croire en l’amour, un amour qui transmet son souffle aux quatre points cardinaux, comme cette trés belle métaphore, des battements d’ailes d’un papillon qui déplace une étoile, et dans ce scintillement parcellaires, c’est sa manière à elle de communier avec l’universel. Et pour conclure ce survol d’une oeuvre remarquable de qualité et de créativité, je laisserai le dernier mot à notre président Vital Heurtebize par l’extrait d’un de ses poèmes: « Femme, avec tes secrets brusquement impudiques, Tes mélanges d’odeurs et de tendre musique, Ta faille où mon coeur bat de mon sang dans le tien!  »

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